Vente de disques : une mort différée

Publié le par section syndicale FO FNAC 91

Vente de disques : une mort différée


Les industriels de la musique réunis au Midem de Cannes, se sont réjouis de la bonne nouvelle : la chute du marché de la musique ralentit. Le streaming contribue à remplir les caisses alors que Deezer s'affaisse. Le support physique, quant à lui, résiste encore.


Les ventes de musique enregistrée n’ont baissé « que » de 3,2% en valeur sur l’année 2009 et ont même progressé de 9% au second semestre. Le quatrième trimestre 2009 a même été qualifié de très bon par le syndicat des maisons de disques (SNEP). Les majors y voient « un probable effet pré-Hadopi ainsi que les conséquences d’un plannning exceptionnel de sorties ».

Streaming, rentable pour qui ?
Deezer
Autre raison de ces bons résultats : les revenus tirés du streaming (l’écoute en ligne) ont continué à progresser (x2,4). Pour l’emblême français de cette nouvelle façon d’écouter de la musique, c’est une autre chanson.
Deezer dont nous retraçions l’histoire dans Tech’You ! se trouve actuellement dans une situation délicate. Etranglement financier avec le paiement de droits sans mesure avec les rentrées, échec du lancement des formules payantes d’abonnement, (14 000 abonnés), les attentes des actionnaires ont été déçues et le PDG de Deezer, attendu au Midem, a été forcé à la démission. L’espoir de voir un leader français du streaming s’imposer, risque de disparaître dans les limbes.

On line ou en boîte ?
AFP
L’an passé, les Cassandre de l’institut Gartner annonçaient la mort du support physique, CD ou DVD. Si à moyen terme, la prédiction se justifie sans nul doute, (la Fnac musique de la Bastille a rendu les armes) la rondelle pourrait faire encore quelques petits tours. En valeur, les supports physiques représentent toujours un chiffre 6,75 fois supérieur aux produits numériques. Quelques explications pour cette résistance.

A prix égal !

A prix quasi équivalent, pourquoi ne pas s’offrir l’objet qui malgré sa petitesse, (comparé au vynil), apporte toujours plus d’affect que la possession d’un fichier numérique. Même si pour une écoute plus pratique, on transfèrera probablement la galette sur sa bibilothèque itunes. Au moins, en cas de crash de disque dur, la sauvegarde, en l’occurrence l’original, sera toujours disponible.

Sans perte ?

Le souhait d’une écoute plus qualitative pourrait aussi expliquer ce phénomène : dommages qu’un son trop compressé pourrait causer sur l’ouie de l’auditeur et souhait de retrouver le son haute fidélité tel qu’enregistré par artistes et techniciens. L’intérêt croissant pour les formats lossless (compression sans perte) en témoigne. Le mp3, lui aussi, pourrait n’être qu’une étape.

Les niches !

A terme, le CD devrait rejoindre le vinyl dans un marché de niche, limité mais réel. Ainsi le label indépendant Fargo (Ryan Adams, Andrew Bird, Emily Loizeau) ouvre à Paris une boutique qui favorisera les contacts du label avec ses fans ou ses découvreurs comme l’ont fait dans le passé dans le passé des labels comme New Rose. A ceci près qu’en 2010, il convient de jouer la complémentarité avec l’on-line : les acheteurs d’un vinyl pourront ainsi télécharger une version numérique pour leur baladeur et des éditions limitées exclusives seront réservées aux boutiques numériques et physiques.

Pour une rubrique Rétro-Hi Tech consacrée au disque, je crois qu’il faudra encore patienter…

Hugo Bertrand

http://www.techyou.fr/2010/01/vente-de-disques-une-mort-differee/

Publié dans La revue de presse

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