Deux ou trois ans pour transformer PPR

Publié le par section syndicale FO FNAC 91

19/02/2010 
François-Henri Pinault, mercredi, au siège de son groupe.
François-Henri Pinault, mercredi, au siège de son groupe. Crédits photo : Le Figaro

Le président du groupe, François-Henri Pinault, compte vendre Fnac, Conforama, La Redoute avant d'envisager des acquisitions majeures.

Cinq ans après son arrivée à la tête de PPR (ex-Pinault-Printemps-Redoute) fondé par son père, François-Henri Pinault fait le point sur sa stratégie. 2009 a été difficile pour le groupe qui comprend la Fnac, La Redoute, Conforama et les marques de luxe Gucci, Yves Saint Laurent, Balenciaga, Alexander McQueen ou Boucheron, ainsi que Puma.

Quel bilan tirez-vous de l'année 2009 pour l'ensemble de vos activités ?

Dans un environnement très dégradé, malgré un recul de 5,6 % de notre chiffre d'affaires en comparable, nous avons réussi à maintenir le niveau de rentabilité du groupe à 8,4 % du chiffre d'affaires grâce aux programmes d'efficacité commerciale et d'ajustement des coûts mis en place dès 2008. Nos marques de luxe ont bien résisté sur leurs marchés historiques et ont renforcé leurs positions dans les pays émergents. Nos activités de distribution ont bien sûr souffert : les ventes de Redcats sont en recul de 8,9 %, celle de Conforama de 7,9 %. Mais elles enregistrent un rebond au quatrième trimestre. La Fnac enregistre des croissances à partir du troisième trimestre. Mais la véritable performance, c'est que ces trois sociétés améliorent leur rentabilité opérationnelle. Après avoir connu des difficultés en 2008 avec Conforama et Redcats, les équipes ont réussi à inverser la tendance dans un environnement économique difficile.

Ce qui devrait faciliter leur processus de vente que vous avez annoncé l'an dernier…

Je souhaite effectivement transformer le groupe en un univers plus cohérent de marques mondiales autour de l'équipement de la personne à la fois dans le luxe et dans le grand public. Ce qui nous amènera à céder nos enseignes de distribution dans les deux à trois ans qui viennent, un horizon raisonnable compte tenu de l'état du marché des fusions et acquisitions. Ce sont de très belles entreprises, il serait stupide de vouloir se précipiter au risque de les brader.

Pourriez-vous envisager une sortie de ces filiales via une introduction en Bourse comme vous l'avez fait pour CFAO fin 2009 ?

Ce n'est pas ce que nous privilégions. Le profil de CFAO était tel qu'il justifiait une cotation autonome. Ces entreprises suscitent bien sûr de nombreuses marques d'intérêt, mais le marché des fusions et acquisitions n'a pas repris du fait de l'absence de financement de la part des banques Pour nous, la priorité est de poursuivre le développement et de gagner des parts de marché.

Qu'en est-il de Puma dont le chiffre d'affaires recule de 7,6 % et la rentabilité se réduit ?

Le métabolisme de Puma est assez différent du reste des activités du groupe car ses produits sont essentiellement vendus au travers de distributeurs tiers, comme les grands magasins. Il y a donc un décalage dans le temps : ses ventes d'aujourd'hui reflètent le moral des acheteurs six mois plus tôt. C'est ce qui explique cet écart avec les autres marques du groupe au quatrième trimestre. Nous avons déployé dès avril un plan de restructuration qui abaisse les coûts de façon significative. Il consiste notamment à optimiser le réseau de magasins tant en termes de tailles et d'emplacements. Ceux qui sont durablement déficitaires seront fermés mais il y aura aussi des ouvertures ciblées. Pour 2010, nous bénéficierons de la Coupe du monde mais nous restons prudents compte tenu du contexte économique convalescent. À moyen terme, notre ambition pour Puma va bien au-delà de sa taille actuelle compte tenu de son fort potentiel.

Etes-vous prêt à procéder à de nouvelles acquisitions ?

Notre stratégie passe par l'acquisition de marques mondiales puissantes. Mais nous ne ferons pas d'acquisitions significatives avant d'avoir cédé des actifs. Bien que nous ayons réduit considérablement notre dette et que nous disposons d'une marge de manœuvre financière de près de 6 milliards d'euros, je suis très attaché à la situation financière saine du groupe. En revanche, je n'exclus pas des acquisitions tactiques qui renforcent les positions de nos marques, notamment Puma.

Comment abordez-vous 2010 ?

Avec confiance et détermination. En dehors de tout choc systémique concernant des États, je pense que le pire est derrière nous. L'économie est entrée dans une période de convalescence. Si la Russie tarde à redémarrer, en Asie, en Inde, en Amérique latine, la croissance est revenue à des niveaux très significatifs. Dans les pays matures, on assiste à une reprise molle encore un peu fragile. Pour PPR, 2010 sera l'année de l'offensive commerciale sans pour autant relâcher la maîtrise des coûts. Les deux tiers des ouvertures de magasins de Gucci Group se feront en Asie. Pour Puma, l'essentiel des efforts portera sur les pays émergents. La Redoute va renouveler son offre plus fréquemment grâce à des catalogues saisonniers, Conforama va ouvrir un magasin « outlet » Confo Dépôt et testera un nouveau concept discount en centre-ville Confo Déco. Et nous allons accélérer notre développement international avec cinq ouvertures pour la Fnac.

Publié dans La revue de presse

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