Suppression de 300 postes à la Fnac

Publié le par FO FNAC 91



Agitateur agité, la Fnac ? Mardi 24 avril, la direction de la célèbre enseigne culturelle du groupe Pinault-Printemps-Redoute (PPR) a ouvert un plan social prévoyant la suppression nette de 300 postes dans les services administratifs, « qui doivent être modernisés et centralisés », souligne Philippe Decressac, directeur des ressources humaines.

Les syndicats pressentaient ces annonces. Après une première manifestation organisée mi-avril à Paris, la CGT, SUD, FO et la CNT appellent à une grève vendredi 4 mai dans tous les magasins de l’enseigne, qui emploie 13 000 salariés en France.

« Il y aura zéro licenciement à la Fnac », a précisé la direction dans un communiqué, ajoutant que « chacun des 300 salariés dont le poste est affecté se verra donc proposer un ou plusieurs emplois de même niveau, de même rémunération, et au sein d’un même bassin d’emplois ».

Concurrence de sites Internet qui cassent les prix

La Fnac revient donc sous les projecteurs. Début avril, l’annonce par PPR d’une OPA sur la marque Puma, pour 5,3 milliards d’euros, avait relancé les rumeurs sur une possible mise en vente de l’enseigne afin de faire rentrer des liquidités dans les caisses du groupe. « La Fnac n’est pas à vendre, François-Henri Pinault l’a encore rappelé il y a un mois », répond-on invariablement chez PPR, en soulignant les bons chiffres de l’enseigne, et leur progression régulière, avec une marge opérationnelle de 3,8 % en 2006, contre 3,4 % en 2004.

La Fnac, pourtant, évolue aujourd’hui dans un environnement toujours plus concurrentiel, entre les nouveaux sites Internet qui cassent les prix des produits de nouvelles technologies et les grandes surfaces qui, de plus en plus, ouvrent de grands espaces culturels. Sans oublier la chute du marché du disque qui a encore perdu, tous supports confondus (physiques et numériques) 24,4 % au premier trimestre 2007 par rapport à la même période en 2006.

Le secteur de la photo secoué par l’apparition du numérique

Selon la direction de la Fnac, sur un millier de vendeurs de disques, 300 à 500 postes pourraient disparaître dans les trois ans. Même tendance dans le secteur de la photo, lui aussi secoué par l’apparition du numérique : sur les 300 salariés des travaux photos début 2006, une centaine seulement devraient rester affectés à cette activité.

Face à ce millier d’emplois en évolution, la direction indique qu’elle aura « 3 000 postes à pourvoir dans les trois années à venir », du fait des ouvertures de magasins, des besoins de vendeurs de produits techniques, et en tenant compte du « turnover », qui s’élève à 8 % dans la société.

« Ce sont surtout les marchés financiers qui souhaitent un recentrage de PPR sur le luxe, affirme Christian Guyot, analyste chez Tradition Securities. Mais la Fnac reste une composante forte de PPR et elle conserve un bon potentiel. »

Marie DANCER

Un magasin Fnac, à Lyon (photo Bureau/AFP).

http://www.la-croix.com/photo2/index.jsp?docId=2301317&rubId=4085

Publié dans La revue de presse

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