Ils veulent encore nous serrer la ceinture !

Publié le par FO FNAC 91

Mercredi 24 Septembre 2008

Nouvel élan à la Fnac


Marie NICOT
Le Journal du Dimanche

Christophe Cuvillier, qui remplace depuis juin dernier Denis Olivennes à la direction de la Fnac, a une mission bien définie: atteindre une rentabilité de 5% à l'horizon 2010 pour les 136 magasins du réseau. Et pour y parvenir un plan clairement établi: développer les services à la personne, le réseau de magasins, et l'Internet, à commencer par la musique en ligne.

Christophe Cuvillier, 45 ans et patron de la Fnac, est un homme pressé. En quelques semaines, il a bouclé la composition de son état-major en nommant, courant septembre, Philippe Thobie, recruté chez Apple pour devenir directeur de la marque. Reste à trouver un secrétaire général. Didier Couerbe, actuel directeur administratif et financier chez Monoprix, serait pressenti.
Christophe Cuvillier, qui pilotait le redressement de Conforama, autre enseigne du groupe PPR, jusqu'en juin dernier, connaît bien la maison. Il y revient après trois années d'absence, pour remplacer Denis Olivennes, parti au Nouvel Observateur. François-Henri Pinault, PDG de PPR, avec lequel il étudiait à HEC, n'a pas lésiné sur les objectifs: atteindre une rentabilité de 5% à l'horizon 2010 pour les 136 magasins du réseau (4,5 milliards d'euros de vente en 2007). Elle est actuellement de 4,3 %.

Cuvillier privilégie trois leviers de croissance: le réseau de magasins, l'Internet et les services à la personne. La Fnac enquille les inaugurations: trois ce mois-ci, en France, à Vannes (Morbihan), La Croix-Blanche (Essonne) et Villiers-en-Bière (Seine-et-Marne), de nouvelles implantations en Espagne, au Portugal, en Belgique et au Brésil en novembre prochain. Pour "2010, nous étudions des développements en Italie et en Turquin", assure le patron de " l'agitateur" qui mise sur un rythme de 14 ouvertures par an.

Des experts Fnac à domicile

Les magasins négocient tant bien que mal le virage de la musique en ligne, qui, avec le piratage, fait fondre inexorablement leurs ventes de CD. Toujours présente sur ce marché, la Fnac parie de plus en plus sur les jeux vidéo et attend beaucoup du vote cet automne de la loi Création et Internet. "Elle dissuadera les pirates du dimanche au profit du téléchargement légal", anticipe Christophe Cuvillier. Il souhaite aussi la disparition progressive des digitals rights managements (DRM), ces verrous numériques imposés aux utilisateurs par les fabricants comme Microsoft ou encore Sony qui dissuadent d'acheter de la musique en ligne.
Les fonds en embuscade

Autre carte à jouer: les services à la personne. Lorsque des clients ignorent comment fonctionnent logiciels, mails ou Internet, la Fnac propose d'envoyer ses experts à leur domicile. Depuis le lancement de ce service, il y a un an, 4000 contrats de deux à trois heures de formation sont signés chaque mois. Cette innovation pourrait s'élargir à l'interconnexion des appareils high-tech d'une maison (appareil photo numérique, télévision, ordinateurs...). Une stratégie de croissance ou d'attente? La cession de l'enseigne pour cause de recentrage dans le luxe de sa maison mère PPR est régulièrement évoquée et toujours démentie... jusqu'ici. Les entreprises culturelles attirent en tout cas de plus en plus les fonds d'investissement. Le financier Walter Butler s'est offert Virgin en 2007. Et, lundi dernier, Finadvance Capital a pris le contrôle des librairies lyonnaises Decitre.

Publié dans La revue de presse

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