LES MOTIFS DE CONFLIT SONT RÉELS

Publié le par FO FNAC 91

Jean-Claude-MAILLY.JPGLes annonces du président de la République en matière de pouvoir d’achat ne répondent ni aux revendications et attentes, ni à l’ampleur du problème.

S’agissant du déblocage anticipé de la participation et de l’exonéra-tion d’une prime exceptionnelle dans les entreprises de moins de 50 salariés, cela a déjà été fait en 2004 sans grand succès, les sommes débloquées allant pour les deux tiers à l’épargne.

Quant à la monétisation de jours de RTT ou d’une partie du compte épargne-temps, non seulement tout le monde ne pourra y avoir accès (par exemple, les précaires, les temps partiels...), mais il s’agit surtout de contourner à nouveau les 35 heures. Par ailleurs, il est évident que les cadres au forfait tiennent à leurs jours de RTT tant leurs durées hebdomadaires de travail sont souvent longues et bien supérieures aux 35 heures, la liberté journalière étant fixée à 13 heures! Enfin, ce que les employeurs pourraient monétiser, ils pourraient l’accorder en augmentation de salaire.

Dimanche soir, j’ai exposé ces différents points au président de la République. Ils doivent être discutés avec le gouvernement (par exemple, sur le nombre maximal de jours) et seront, a-t-il assuré, basés sur le volontariat des salariés. En clair, si un salarié ne veut pas monétiser, il ne monétisera pas.

J’ai réaffirmé également la nécessité de donner un coup de pouce au SMIC au 1er janvier et une revalorisation plus forte qu’annoncé des retraites (seulement 1,1%). Sur ces deux points, je n’ai pas obtenu de réponse.

En revanche, sur la mise en place rapide du chèque transport, la situation devrait enfin se débloquer.

S’agissant du conditionnement des exonérations de cotisations patronales à l’ouverture de négociations dans les branches et les entreprises, il est nécessaire d’aller plus loin, à savoir l’existence d’un accord salarial. Trop d’employeurs répondent en fait juridiquement à la NAO (négociation annuelle obligatoire) en faisant une réunion de dix minutes.

Pour les fonctionnaires, une négociation devrait s’ouvrir le 3 décembre. Rappelons que 2007 est pour eux une année blanche.

L’annonce d’une conférence sociale (grand-messe) à la mi-décembre a été au cœur de l’entretien avec le président de République.

Je lui ai rappelé que tant sur «le marché du travail»* que sur la représentativité, il fallait laisser les interlocuteurs sociaux négocier.

La conférence sociale devrait donc être l’occasion de rappeler les rôles des uns et des autres.

Enfin, j’ai rappelé notre opposition aux accords majoritaires dont le seul objet est, de fait, de déroger au Code du travail (par exemple, sur la durée légale du travail) ainsi qu’à l’extension du travail le dimanche.

J’ai enfin marqué nos revendications en matière de stages pour les jeunes, dont leurs rémunérations.

Les motifs de conflit sont donc réels, notamment sur le pouvoir d’achat, le travail le dimanche ou la remise en cause de la durée légale du travail (demande patronale).

Il convient donc que nous amplifiions notre campagne sur le pouvoir d’achat, dans le public et le privé, pour déboucher sur des mobilisations interprofessionnelles.

* À notre initiative, lors de la dernière séance de négociation, une déclaration sur l’autonomie de la négociation a été adoptée.

http://www.force-ouvriere.fr/page_principal/publica/pdf/2827.pdf

Publié dans La revue de presse

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